Conseil d’arrondissement : la sécurité publique

La sécurité publique : une liberté fondamentale de nos concitoyens.

Laurent BOSETTI rappelle que Lyon en Commun est fondamentalement attaché au principe de sécurité publique, une liberté fondamentale de nos concitoyens.
L’insécurité touche le plus souvent les habitants des quartiers populaires et les femmes.

Aussi, la stratégie de sécurité et de prévention de la délinquance 2022-2026 constitue une réelle avancée en matière de moyens déployés pour assurer la tranquillité publique.

La Ville soutient les actions portées auprès des jeunes et des publics vulnérables, avec une participation financière importante ; elle augmente les effectifs de la police municipale ; elle se dote d’outils stratégiques, tel l’observatoire de la délinquance…

Une démonstration par les actes que la sécurité n’est pas l’apanage de la droite !

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J’interviendrai sur ce rapport au nom des élus de Lyon en commun, non sans être intimidé puisque notre hémicycle du 7e arrondissement compte à la fois l’adjoint à la sécurité de la Ville de Lyon, M. Chihi, mais aussi son prédécesseur, M. Sécheresse, excusé ce soir.

J’interviendrais aussi sous le regard attentif de Mme Desrieux, qui ne laisse pas passer un conseil d’arrondissement sans nous parler de sécurité, même si son insistance demeure tout à fait raisonnable comparé aux rodéos médiatiques de son président de groupe, M. Oliver.

Nous examinons ce soir la stratégie de sécurité et de prévention de la délinquance de la Ville de Lyon. A entendre la droite locale ou certains médias qui lui est assez proche, en un an et demi, la Ville de Lyon serait devenu Chicago. Le nouvel exécutif, évidemment gauchiste, serait forcément laxiste, un peu « flower power », peu préoccupé par la sécurité de ses concitoyens, et la Ville aurait sombré depuis dans le chaos le plus total.

Il suffit pour s’en convaincre de brandir, mois après mois, un fait divers dans tel ou tel quartier, un dalton à moto ou un coup de feu à la Duchère (faits que nous ne mésestimons pas) pour assoir un tableau qui n’aurait pas existé avant notre arrivée. Bien sûr, Lyon ne comptait aucun point de deal avant notre prise de fonction ; bien sûr la place Gabriel Péri était une place apaisée et l’installation d’un faux chantier par M. Sécheresse, il y a maintenant 8 ans de cela, témoigne d’un passé heureux.

Aussi, à l’occasion de ce rapport, les élus de Lyon en commun souhaitent rappeler solennellement, mais aussi très tranquillement, que la sécurité publique est une liberté fondamentale de nos concitoyens ; que nous sommes fondamentalement attaché à ce principe ; que les habitantes et habitants les plus exposés sont souvent ceux des quartiers populaires ; que les femmes sont aussi un public très exposé aux violences, dans la sphère privée comme dans la sphère publique ; que les agents de police chargés d’assurer notre sécurité font un boulot remarquable, et pas facile, et qu’ils méritent notre soutien et notre considération, mais aussi des moyens à la hauteur de leurs missions.

C’est pourquoi, je tenais à saluer préalablement, au nom de notre groupe, les efforts déployés depuis le début du mandat par notre adjoint à la sécurité, Mohamed Chihi. Il faut mesurer combien il est compliqué de travailler sereinement une politique publique quand l’opposition ne cesse de jeter de l’huile sur le feu, de jouer la politique du faits divers, en amplifiant un sentiment d’insécurité qu’il faut bien sûr prendre en compte mais ne jamais attiser inutilement. C’est anxiogène pour les habitantes et les habitantes ; cela créé aussi des monstres politiques, devenus parfois incontrôlables.

Malgré ce contexte peu aidant, notre adjoint à la tranquillité a su travailler pendant son année d’installation à l’élaboration d’un nouveau document stratégique partenarial à 5 ans, ceci pour la période 2022-2026. C’est un document remarquable, très complet (une cinquantaine de pages), porteur d’une trentaine de fiches actions concrètes, qui rappelle s’il le fallait qu’en la matière, il ne peut y avoir de politique du « tout-répressif », mais que le phénomène d’insécurité se traite aussi par l’action sociale, l’insertion, la prévention, la médiation.

C’est aussi l’occasion de se rappeler que de document stratégique partenarial, il n’y en avait plus depuis… 2017 (5 ans déjà). Que ce dernier avait été élaboré plus précisément en 2013 (9 ans déjà) et que rien n’avait été réactivé sous le précédent mandat, malgré un maire pourtant promu au ministère de l’intérieur. C’est aussi pour cela qu’il est toujours utile de ne pas caricaturer une municipalité de gauche avant d’avoir jeté un œil dans le rétroviseur. Il suffit de retourner un peu plus loin, encore un autre mandat en arrière, pour se remémorer que Valérie Pécresse, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avait contribué elle-même à faire reculer les effectifs de policiers et de gendarmes de 10.000 postes à l’échelle nationale. Mme Desrieux s’en souvient peut-être. C’est dire que la question de la sécurité n’appartient nullement à la droite.

Maintenant, je voudrais porter une parole sur le contenu même de cette stratégie de sécurité. Vu la densité du document, j’ai choisi de m’en tenir seulement à 3 idées fortes. Mais ceci avec un même fil conducteur : dire que l’on fait de la sécurité, c’est bien ; se donner les moyens de la faire, c’est mieux. De manière à ne pas être dans l’incantation, mais bien dans la démonstration par l’exemple.

Premier avancée : le soutien de la Ville de Lyon aux actions portées auprès des jeunes et des publics vulnérables. La Ville de Lyon procède sous ce mandat à un effort sans précédent en la matière avec une augmentation de 86% de sa subvention globale, passant de 180.000€ à 334.000€ de participation financière. Nous doublons presque notre engagement. Notre groupe politique alerte cependant sur les moyens à allouer à la protection de l’enfance et notamment aux éducateurs et éducatrices spécialisées, qui sont un secteur en tension, sur lequel il est difficile de recruter.

Seconde avancée : le renforcement de notre police municipale. Avant notre arrivée, notre police municipale a perdu une trentaine de postes entre 2018 (330) et 2020 (306 puis 297 au 1er janvier 2021). Pire, M. Collomb, à l’époque ministre de l’intérieur, a lancé son fameux Pacte de Cahors, qui plafonnait les dépenses de fonctionnement des collectivités, les empêchant ainsi de recruter. Comprenez qu’il nous appartient aujourd’hui de remonter la pente. En recrutant tout d’abord 20% de policiers municipaux supplémentaires sous le mandat (soit plus de 60 postes que nous souhaitons pourvoir). En revalorisant comme jamais l’attractivité de ce métier, avec une augmentation des salaires de 1400€ brut par an que nous avons acté à compter de ce mois (soit presque un 14e mois pour nos policiers ! Plus de 500.000€ mis sur la table par l’employeur). En s’engageant à offrir à nos policiers des conditions de travail plus favorables, à travers la rénovation des postes de police et l’acquisition de nouveaux équipements. En réorganisant notre police au printemps prochain, pour la recentrer sur ses missions d’ilotage, tout en créant une équipe d’appui sur les secteurs en tension, comme Gabriel Péri.
A ceux qui ne doutait, nous sommes donc plus que jamais aux côtés de nos policiers.

Troisième avancée : outiller notre collectivité sur le volet stratégique. L’année 2021 nous aura permis de recruter de nouveaux professionnels à nos côtés (la droite locale pousse des cris d’orfraie sur la sécurité mais se positionne contre les créations de poste, faut-il le rappeler). Nous allons ainsi déployer un observatoire de la délinquance ; disposer d’un expert sur la prévention situationnelle ; avancer sur le plan d’actions Gabriel Péri avec une cheffe de projet recrutée sur ce dossier prioritaire.
Chers collègues, jamais la Ville de Lyon n’aura affiché de telles ambitions pour la tranquillité publique, preuve à l’appui des moyens que nous engageons sur ce chantier. Pour autant, nous mesurons combien cette discipline est évidemment complexe et nous œuvrerons avec beaucoup d’humilité aux côtés des partenaires qui signent, à nos côtés aujourd’hui, ce partenariat stratégique.

Gardons-nous par ailleurs de céder aux solutions toutes faites, au hochet traditionnel des partis de droite, qui consisterait à planter des caméras de vidéosurveillance partout, avec la quasi-certitude de mettre un terme aux problématiques d’insécurité.

A ceux-là et aux apprentis sorciers de la sécurité,
Au Président de Région qui distribue des caméras comme on distribue des petits pains, à coups de dizaines de milliers d’euros, je veux dire la chose suivante :

Au niveau local, ayez en tête l’exemple de la Place Gabriel Péri, couverte depuis des années par près d’une trentaine de caméras et qui n’ont jamais rien résolu aux problématiques.

Relisez aussi le rapport universitaire d’évaluation de la vidéosurveillance lyonnaise, mis sous le tapis par M. Sécheresse en 2016, qui stipulait le diagnostic suivant (je cite) :

L’efficacité dissuasive de la vidéoprotection n’a plus trace aujourd’hui dans les discours de ceux qui l’utilisent au quotidien. L’expérience des acteurs-utilisateurs rencontrés dans le cadre de l’enquête, qu’ils soient policiers, opérateurs ou membres du parquet, amène ces derniers à remettre en cause la capacité dissuasive de la caméra. Elle est jugée dans l’ensemble sans grands effets sur les comportements malveillants, qui tendent à s’adapter rapidement ou à commettre ailleurs.

Prenez aussi connaissance de l’étude universitaire commandée, non pas par Lyon en commun,  mais par la gendarmerie nationale, sur plusieurs territoires de l’agglomération grenobloise de 2017 à 2020. Cette étude (publiée en décembre) confirme non seulement l’inutilité de la vidéosurveillance en termes de prévention mais démontre aussi son inutilité en matière judiciaire. Je cite l’édition toute récente du journal Le Monde du 22 décembre dernier :

« Sur 1 939 enquêtes, 22 seulement à avoir été élucidées ont pu bénéficier d’éléments tirés de l’exploitation d’enregistrements de vidéoprotection publique, soit 1,13 % du total ».

Pour reformuler autrement ces conclusions avec une image d’actualité : le financement de la vidéo-surveillance serait un très mauvais investissement vaccinal. Non seulement il est démontré que ce vaccin n’empêche nullement de contracter le virus de l’insécurité (aucun bénéfice avéré en termes de prévention) mais de plus, il ne permet quasi jamais de soigner les victimes touchés par le virus (1% seulement de rétablissement). Quel gouvernement, quelle municipalité, investirait dans un vaccin comme celui-là ? Quel contribuable, ou quel patient pour rester dans la métaphore, ferait confiance à un tel traitement ? Combien de millions d’euros dépensons-nous en pure perte dans un affichage sécuritaire, pour rassurer – à tort- les Lyonnaises et les Lyonnais ?

A Lyon en commun, nous plaidons pour que ces millions d’euros dépensés en acquisition de caméras de vidéosurveillance, en maintenance annuelle, en postes de téléopérateurs, soient redéployés utilement sur la sécurité, sur la prévention de la délinquance, mais aussi sur le traitement des causes, sociales et économiques, qui nourrissent ces situations d’échec. Il n’y a qu’en traitant les inégalités que nous ferons tomber l’économie parallèle, la ségrégation, l’échec scolaire et social. N’essayons surtout pas de nous retrancher derrière des murs, ce sont au contraire les murs qu’il nous faut faire tomber.

Chers collègues, nous voterons favorablement ce document d’orientation stratégique. Monsieur l’adjoint à la sécurité, Cher Mohamed, nous plaçons aussi dans vos mains beaucoup d’ambition et d’espoir sur les modalités de sa mise en œuvre. Bravo pour le travail engagé.