Conseil d’arrondissement

Nicolas PLANCHON, adjoint à l’Economie, économie sociale et solidaire, commerce et artisanat, présente le projet de périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité sur le secteur Guillotière/Péri. Les objectifs consiste à permettre le rééquilibrage de l’offre commerciale et artisanale pour répondre aux besoins des habitant·e·s et à participer, à travers un tissu diversifié et revivifié, à la qualité de ville et à une animation locale régulée, tout en préservant l’identité socio-culturelle du secteur.
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Madame la Maire, Mesdames-messieurs les élus, cher.e.s collègues,

Le 20 janvier 2020, le Conseil Municipal -le précédent donc- approuvait le lancement d’une étude d’opportunité relative à la mise en place d’un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité sur le secteur de la Guillotière.

Si notre majorité municipale et métropolitaine peut agir en rupture sur certains sujets –mise en régie publique de l’eau, RSA jeunes, encadrement des loyers, végétalisation des cours d’école et des crèches, budgets participatifs, fin du tout bureaux à la Part-Dieu, etc.-, elle est aussi en capacité de poursuivre et accélérer des projets engagés par l’équipe précédente à proportion de leur pertinence, et dès lors qu’ils servent l’intérêt général, seul moteur thermique -vous l’aurez compris- qui fait l’unanimité au sein de notre majorité.

Et c’est donc, pour revenir à notre sujet- à l’aune du rapport d’analyse produit depuis –et joint à la présente délibération- que s’est établi le périmètre de sauvegarde du commerce et de l’artisanat de proximité sur le secteur Guillotière-Péri soumis à votre approbation, condition sine qua non de l’usage, ensuite, du droit de préemption en son sein, lors de la cession des fonds artisanaux, de commerce ou de baux commerciaux.

Un périmètre qui comprend sur notre arrondissement, outre « notre » côté de la Place du pont, les 1 à 38 Gambetta, les 1 à 33 Paul Bert, Villeroy côté pair, la rue Moncey, Marignan impair, la Place Ballanche, 7 à 12 Mortier, Auguste Lacroix côté Pair, Turenne, 14, 16 17 rue de l’épée, et le cours de la Liberté jusqu’à hauteur de la rue Turenne.

Pour porter à connaissance quelques éléments du rapport d’opportunité de mise en œuvre du périmètre de sauvegarde (dans l’inconcevable hypothèse où tout le monde ne n’ait pas lu in extenso), que dit-il au chapitre des difficultés particulières au secteur ?
« Les commerces sont peu qualitatifs en termes d’offre et de traitement des devantures avec une part de l’activité marchande qui s’élève à 49% (locaux commerciaux et artisanaux) mais avec une répartition hétérogène. Cette impression est renforcée par la prédominance de l’activité de restauration rapide ou bien de la téléphonie mobile sur certaines portions qui ne permet pas de répondre aux besoins des habitants et clients du quartier (…) L’offre commerciale s’est paupérisée avec des linéaires peu attractifs ou diversifiés qui ne contribuent pas à la vie du quartier et ne répondent pas aux besoins des habitants. Cette offre paupérisée favorise l’évasion des consommateurs vers d’autres polarités commerciales proches et ne permet pas de contribuer à l’animation et la valorisation des espaces publics. (…) Ceci incite à travailler sur plusieurs axes de développement afin de répondre à la mixité des populations et à l’évolution du quartier, à travers la reconstitution d’une offre plus diverse permettant le développement économique du quartier. » Fin de citation.

L’objectif, à travers ce périmètre de sauvegarde, consiste, in fine, à permettre le rééquilibrage de l’offre commerciale et artisanale pour répondre aux besoins des habitants, à garantir également la pérennité et le développement -et avant cela la survie du commerce indépendant, à participer, à travers un tissu diversifié et revivifié, à la qualité de ville et à une animation locale régulée, tout en préservant l’identité socio-culturelle du secteur. Un secteur, certes dysfonctionnant à plusieurs registres, mais qui reste aussi un carrefour poreux de sociabilités multiples au sein d’un ensemble historiquement populaire, fragilisé par le grand remplacement des catégories moyennes et populaires par des CSP+ (ce qu’on appelle poliment gentrification) auquel la proximité de l’hyper-centre -via la tendance haussière de l’immobilier- conduit depuis plusieurs années.

Cette volonté politique de maîtrise publique, objectivée par l’analyse, rencontre d’ailleurs une attente très forte des deux côtés de la frontière 3ème/7ème. Elle s’exprime au cours des Ateliers Péri que nous conduisons depuis janvier avec les habitants et les acteurs locaux du secteur.
Attente très forte de maîtrise publique, sur le champ qui nous concerne ici, en matière :
>D’aménagement
>De respect d’une gestion commerciale conforme au droit et aux règlements (et à cet effet, nous n’avons pas d’état d’âme à faire respecter le protocole sanitaire ou le droit du travail, comme récemment)
>Ou d’offre commerciale (et c’est tout l’enjeu du périmètre de sauvegarde)

C’est ainsi, très concrètement, que le possible usage du droit de préemption a été plébiscité le 23 février lors de l’Atelier dédié à la stratégie commerciale que je conduisais avec mon homologue du 7ème.

Maintenant, ce périmètre de sauvegarde et au-delà la préemption elle-même -dont la capacité se termine à la rétrocession- vont-ils tout résoudre ? En cette matière, comme en toutes autres, faisons preuve d’humilité.

La question du commerce de proximité, et encore davantage pendant cette interminable période d’empêchement sanitaire, est au cœur de toutes les préoccupations, en particulier sur le secteur Gabriel Péri, mais au-delà bien sûr.
Tout ne se périmètre pas au seul outil sectorisé de maitrise des baux et des fonds –par ailleurs indispensable ici- : aménagement (zone de livraison), logistique urbaine (sujet ZFE), enseignes (sujet RLP), signalétique (sujet ABF), gestion mutualisée des déchets commerciaux (au-delà des 840 litres de la Métro), sécurité, stratégie (sujet SDUC)… Autant de sujets qui font aussi l’objet d’un travail nécessaire autant que dense.

De sorte qu’au-delà des Ateliers Péri qui se poursuivent jusqu’en Mai, pour une restitution en juin, le sujet de l’économie locale, le projet économique d’arrondissement, doit être débattu, pesé, pensé, posé avec l’ensemble de ses acteurs.

Ce pourquoi, nous vous proposerons la création d’un Conseil Consultatif Économique d’Arrondissement, lors du prochain Conseil d’Arrondissement. Et je gage que vous adopterez sa création comme vous adopterez le présent rapport qui permet la mise en œuvre concrète de l’action publique en matière de commerce et d’artisanat sur le secteur Guillotière – Gabriel Péri.

Je vous remercie.