Conseil d’arrondissement : santé

Tendance à la baisse du nombre de praticiens dans le 1er : il faut anticiper et agir dès maintenant.

David SOUVESTRE présente la question de la Mairie du 1er, sur la santé et l’accès au soin, qui sera posée au Maire de Lyon lors du prochain Conseil municipal.
Il existe un risque avéré d’une baisse du nombre de professionnels de santé dans le 1er au cours des 10 prochaines années. Quelles actions entend donc mener la Ville, pour défendre sa mission de service public d’accès à la santé et enrayer cette tendance ?

Ce penchant à la baisse est déjà visible : les bons indicateurs socio-économiques masquent des poches de précarité ; les délais de prise de rendez-vous pour une consultation s’allongent ; les habitants rencontrent des difficultés pour trouver un médecin traitant.
A cela s’ajoute le coût du foncier, la rareté des locaux et les prix des loyers qui n’encouragent pas les jeunes praticiens à s’y installer.

A leur niveau, les élus du 1er s’impliquent : ils jouent un rôle d’animateur pour fédérer des initiatives ou encore faire émerger des solutions pertinentes. Mais la tâche est longue et fastidieuse. Il faut compter au bas mot 2 ans entre le lancement d’un projet et sa concrétisation !

Aussi, les élus entendent-ils mobiliser la Ville, qui dispose d’outils pour faciliter l’accueil de nouveaux professionnels de santé. Il en va de l’avenir de l’accès à la santé pour tous, et notamment des plus vulnérables.

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Je vais vous lire la question du Conseil du 1er arrondissement au Maire de Lyon que vous présenterez Madame la Maire, au prochain Conseil municipal, le 31 mars.

Elle porte sur la santé et l’accès au soin.

Elle concerne plus particulièrement les actions que la Ville de Lyon, en lien avec les autres collectivités et l’État, pourrait mener pour faire face au risque avéré de la baisse du nombre des professionnel.le.s de santé, dans notre arrondissement, au cours des 10 prochaines années.

Au 1er janvier 2022, le nouveau zonage « spécialité médecine générale » de l’Agence Régionale de Santé est entré en vigueur.
Le 1er arrondissement est classé, avec le 4e et le 5e, en ZAC (zone d’action complémentaire).
Certains quartiers prioritaires de la politique de la ville (Loucheur – Gorge-de-Loup, Duchère ou encore le Vergoin) sont, quant à eux, classés ZIP (zone d’intervention prioritaire).

Selon l’Agence Régionale de la Santé, le 1er arrondissement n’est pas encore impacté par le manque de médecins mais des moyens devront être mis en œuvre pour éviter que la situation ne se dégrade.

En effet, le coût du foncier et la flambée des prix des loyers n’encouragent pas les jeunes praticiens à s’installer dans l’arrondissement, alors qu’il faut pourtant anticiper, au regard des observations que nous faisons, une baisse de l’offre de soins pour les habitants, du fait de la démographie du corps médical et des départs à la retraite d’ores et déjà prévisibles.

La question est la suivante : Monsieur le Maire, alors que la Ville de Lyon élabore son nouveau Contrat Local Santé, pouvez-vous nous faire part des actions qui sont ou seront menées par la Ville de Lyon pour assurer une offre de soin suffisante, pour la médecine généraliste, sur le territoire du 1er arrondissement de Lyon ?

Permettez-moi, Madame la Maire, avant que vous soumettiez cette question au vote, de donner quelques éléments de contexte mais aussi de réponses !

Cette question, qui émane du 1er arrondissement, peut surprendre.
Notre cœur de ville a de bons indicateurs socio-économiques et l’image d’une forte concentration médicale.
Nous sommes loin de la désertification médicale que connaissent certains de nos territoires, notamment ruraux ou encore quartiers politique de la ville.

Et pourtant, nous constatons que :
les bons indicateurs socio-économiques masquent des poches de précarité bien réelles ;
les délais de prise de rendez-vous pour consulter un médecin s’allongent ;
les habitants, notamment les nouveaux arrivants, rencontrent des difficultés pour trouver un médecin traitant de proximité.

La conséquence de ce triple constat est simple : nombre de personnes, notamment les plus vulnérables, renoncent aux soins dits de premiers recours.

Notre majorité considère que l’accès à la santé constitue une mission de service public fondamentale.
En tant qu’élus du 1er, nous agissons pour enrayer cette tendance à la baisse du nombre de praticiens dans notre arrondissement.
Nous jouons un rôle d’animateur pour fédérer des initiatives, faire émerger des solutions pertinentes et chercher éventuellement des financements pour que les projets voient le jour.
Mais la tâche est particulièrement longue et fastidieuse.

Pour illustrer mes propos, voici 3 exemples de projets que nous avons soutenus et accompagné et qui verrons le jour.

Premier exemple,
En septembre 2022, un centre de santé et de sexualité ouvrira ses portes, rue des Capucins, avec le COREVIH Lyon vallée du Rhône et des associations de lutte contre le sida.
Cette structure innovante proposera des consultations médicales, de sexologie, d’addictologie et de psychologie.
Il aura fallu plus de deux ans de travail prospectif pour faire atterrir ce projet.

Deuxième exemple,
Une structure de santé pluri-professionnelle emménagera fin 2022/début 2023 dans un immeuble de la rue Neuve, avec l’appui de la SACVL.
Elle sera composée de médecins généralistes de secteur 1, d’un masseur-kinésithérapeute, d’un pédicure podologue ou encore d’une infirmière.
Outre leurs activités de soin, ces professionnel-les participeront aussi à des actions de santé publique, de prévention et d’éducation à la santé.
Là encore, la mise en œuvre de cette initiative est pour le moins lente.
Les praticiens cherchent un local depuis avril 2020.
La Mairie du 1er les a rencontrés en juin 2021 et les accompagne depuis.
Et comme évoqué, l’équipe s’installera fin 2022, voire début 2023, soit plus de 2 ans plus tard !

Troisième exemple,
Il est envisagé que des professionnels de santé libéraux s’établissent avec le Centre Hospitalier Le Vinatier, dans leur local, rue des Pierres Plantées.
L’objectif est de collaborer avec les services sectorisés de psychiatrie de la personne âgée qui ouvriront, quant à eux, avant l’été 2022.
Nous travaillons sur le sujet, avec la Mairie du 4e et le Vinatier, depuis octobre 2021. Le 4 mars dernier, nous avons organisé un premier webinaire pour mobiliser les différents corps de métiers du secteur de la santé.
Le projet ne verra le jour qu’en 2024. Et encore faut-il trouver des aides financières pour assurer l’animation et l’accompagnement des professionnels de santé, et ce, pour qu’ils répondent aux cahiers des charges d’une MSP (maison de santé pluri-professionnelle) et d’une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé).


Pour faciliter l’accueil de praticiens, la Ville de Lyon dispose de plusieurs leviers : le futur contrat local de santé en cours d’élaboration, des financements complémentaires à l’ARS ou à la CPAM, la mise à disposition de locaux, la création d’un centre de santé municipal ou encore le droit de préemption.
Charge à nous de la mobiliser pour disposer d’outils adaptés à notre arrondissement et à nos besoins de santé.

Et quoiqu’il en soit, nous, élus du 1er, restons déterminés et engagés pour continuer à faire émerger ce type de projets.
Notre pugnacité est un autre levier dont la Ville de Lyon dispose.