Conseil d’arrondissement

Malika HADDAD-GROSJEAN, adjointe à la Ville active, explique les raisons de l’abstention du groupe Lyon en Commun concernant la signature d’une convention d’ouverture au public des espaces extérieurs du fort St-Laurent.

Le lieu servait de centre d’hébergement d’urgence. Mis en vente par l’Etat, le site a été cédé à un promoteur, porteur d’un projet d’hôtel de luxe, soutenu par Gérard Collomb et ce, malgré l’opposition des élu·e·s du 1er, Nathalie PERRIN-GILBERT en tête, et de collectifs d’habitant·e·s.

La nouvelle équipe municipale a tenté d’infléchir le projet avec des propositions d’ouverture du fort aux associations et aux habitant·e·s. Quelques modifications ont été effectuées à la marge, et notamment la possibilité d’accès aux espaces extérieurs par les habitant·e·s, mais à certains horaires et sous certaines conditions. Une maigre consolation au regard d’un projet d’hôtellerie qui va contribuer à la gentrification du quartier !

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Madame la Maire, chers Collègues,

La vente du Bastion Fort-Saint Laurent fait partie des lots de la grande braderie orchestrée par le Seigneur Gérard COLLOMB, au nom du rayonnement international de « Sa » Métropole !

Chers collègues, il n’est pas inopportun  de rappeler quelques faits que l’Histoire retiendra.
Le Fort Saint Laurent, site remarquable de la ville était un centre d’hébergement d’urgence  qui accueillait une centaine de personnes en difficulté porté par l’association Notre-Dame-des-Sans-Abris.
En 2016, Ce bâtiment a été mis en vente par l’Etat, alors  propriétaire, en organisant un appel à projet sans concertation des élus d’arrondissement. Le bien a été dès lors cédé à un porteur de projet d’hôtellerie de luxe écartant ainsi, pour une différence de prix de 600 000 €, la proposition de l’association Notre-Dame-des-Sans-Abris qui s’est aussi portée acquéreur au moyen d’un projet à visée sociale et solidaire.
Soulignons que Nathalie PERRIN-GILBERT alors Maire du 1er,  son équipe et les collectifs d’habitants s’étaient opposés à cette vente, déplorant une « politique immobilière municipale imprévoyante et irresponsable aux dépens du vivre ensemble ».

Désormais, c’est l’hospitalité mercantile qui l’emporte face à l’hospitalité inconditionnelle !
Chers collègues, l’héritage de Gérard COLLOMB comporte bien des legs empoisonnés et le Fort Saint-Laurent en fait partie.

Cependant, quand nous avons pris nos fonctions en juillet 2020, nous avons rencontré ADAMIA, nouveau propriétaire pour lui demander d’abandonner son projet d’hôtellerie de luxe qui participe de la gentrification de notre arrondissement.
Nous l’avons aussi rassuré de ce que ne sommes pas contre la propriété privée et que nous sommes attachés à l’article 17 de la déclaration des droits de l’homme et des citoyens dans toute sa lettre en ce qu’elle garantit la propriété comme droit inviolable et sacré, sauf lorsque la nécessité publique, évidemment l’exige.
Justement, au nom de cette nécessité publique et parce que nous avons bien conscience que ADAMIA n’est pas une œuvre de charité, nous lui avons fait quelques propositions raisonnables comme la transformation du fort Saint-Laurent en :
– une hôtellerie familiale,
– une auberge de jeunesse,
– un hébergement d’urgence pour femmes,
– un équipement pour la jeunesse dont nous manquons cruellement,
et  d’ouvrir ce lieu aux habitants avec une restauration de quartier accessible et la mise à disposition de ses salles communes aux associations du quartier à des tarifs accessibles.

Or son projet tel qu’il nous l’a présenté lors de notre dernière rencontre ne répond pas aux besoins de notre arrondissement tels que nous les lui avons exprimés. Et si le propriétaire a bien voulu ouvrir les espaces extérieurs de ce site remarquable aux habitants à certains horaires et certaines conditions, cela demeure une maigre consolation au regard d’un projet d’hôtellerie qui comprend des Suites, un SPA, une salle de fitness, un Roof Top etc…
Les habitant.e.s apprécieront !

Les élus Lyon en commun demeurent défavorables à ce projet et s’abstiendront par conséquent.