Pacte social

Laurent BOSETTI présente le pacte social en faveur du service public, donnant à voir l’engagement de la Ville de Lyon en faveur des agents municipaux sur les cinq années à venir. Le pacte social comprend une dizaine d’orientations stratégiques et plus d’une centaine d’actions concrètes, définies avec les partenaires sociaux.

Avec ce pacte, Laurent BOSETTI annonce un changement de paradigme –les agents municipaux seront mieux considérés et rémunérés– et un engagement de moyens –des effectifs renforcés et des métiers revalorisés.

Avec ce pacte, la collectivité s’implique pour : – réduire les écarts de salaire femmes/hommes – favoriser l’insertion professionnelle des jeunes au sein de la collectivité – garantir l’emploi pour nos agent·e·s victimes d’usure professionnelle…

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Monsieur le Maire, Chers collègues,

Mesdames et Messieurs les agents municipaux,

Pour la première fois, notre collectivité va porter une parole publique en tant qu’employeur au sein de cette assemblée, en donnant à voir son engagement en faveur des agents municipaux sur les cinq années à venir. Cette nouveauté, c’est tout l’objet du Pacte social en faveur du service public qui vous est proposé aujourd’hui et qui se traduit par une dizaine d’orientations stratégiques et plus d’une centaine d’actions concrètes, issues de plusieurs mois de dialogue nourri avec les partenaires sociaux.

Au-delà de la méthode, de la transparence sur nos intentions, et donc de la redevabilité sur nos engagements, il convient de s’intéresser au sens de notre politique de promotion du service public.

Vous le savez, depuis plusieurs années, le service public et les fonctionnaires territoriaux sont fragilisés par un discours rigoriste et comptable, qui considère l’action de la collectivité comme une charge, là où il faut la considérer au contraire comme une richesse. Le gel du point d’indice, la baisse des dotations, le pacte de Cahors, le fonctionnaire-bashing, sont autant de marqueurs qui ont porté préjudice au service public, notre bien commun. Notre Président de la République lui-même avait fait de la réduction du nombre de fonctionnaires sa priorité en début de mandat.

A Lyon, sachez-le, nous sommes résolument fiers de notre service public. Après un plan « marges de manœuvre » douloureux sous le précédent mandat, qui consistait là aussi à compter les fonctionnaires municipaux, nous souhaitons rétablir du sens, de la confiance, de la reconnaissance vis-à-vis des artisans du service public. Nous voulons soutenir activement un personnel qui a tenu la baraque tout au long d’une crise sanitaire sans précédent et qui va maintenant porter un plan de mandat ambitieux, autour de la transition écologique et autour d’une ville forte de ses services publics.

Le chantier est immense. Nous héritons d’une « dette patrimoniale » avec beaucoup d’équipements vétustes qu’il appartient à nos agents de rénover. Nous héritons d’une « dette de services publics » avec des écoles, des crèches et des établissements sportifs à créer en nombre. Nous héritons aussi d’une « dette écologique » avec une ville à faire évoluer, à végétaliser, à réaménager. Pour les générations futures, pour nos enfants, il nous faut rembourser cette dette, leur donner les clefs d’une ville bien tenue.

Chers collègues, c’est ce que veut garantir notre Pacte social en faveur du service public à travers un engagement de moyens, à savoir des effectifs renforcés et des métiers revalorisés. Aux grands projets inutiles, nous préférons la multiplication de petits projets utiles au sein des quartiers, des personnels de crèches aux relais d’assistantes maternelles, des agents de l’épicerie sociale à ceux des bains douches, des éducateurs sportifs de la piscine au gymnase de quartier. Au marketing territorial, nous préférons la création de nouvelles missions d’intérêt public dédiées à la transition écologique, à la démocratie locale, à l’évaluation et à la redevabilité.

Pour tout cela, il nous fait de l’humain, des femmes et des hommes, mieux considérés, mieux rémunérés. Par exemple pour pourvoir des métiers en tension comme sur notre police municipale, nos crèches, nos corps de métiers techniques… Pour réduire les écarts de salaire injustes -mais persistants- entre les femmes et les hommes. Pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes au sein de la collectivité. Pour jouer un rôle social, que le secteur privé n’est pas toujours en mesure de tenir, avec une garantie d’emploi pour nos agents victimes de l’usure professionnelle. Notre Pacte social s’efforce de répondre à ces défis, en conciliant un impératif de gestion et un impératif d’ambition.

Alors quand un représentant de l’opposition -que j’apprécie par ailleurs pour sa contradiction- me signifie en commission municipale que ce rapport n’est pas très « innovant », je voudrais lui répondre aujourd’hui la chose suivante : « Monsieur le Sénateur, ce Pacte social n’est pas innovant, il est détonnant, tant il prend à contrepied la doxa austéritaire des petits soldats du libéralisme ».

Et si ce pacte social est détonnant, il n’est cependant pas étonnant. Car il s’inscrit dans son époque. Car la colère gronde quand les services dit « essentiels » n’offrent plus suffisamment de lits d’hôpitaux en temps de crise ; quand les services publics régaliens sont en sous-effectifs comme dans la police ou dans la justice ; quand les campagnes pleurent la désertion du service public ; quand l’augmentation du coût de la vie dans les métropoles rend nécessaire un service public encore accessible à tous.

Aussi, aux apothicaires et aux épiciers qui comptent les postes à chaque conseil municipal, je vous fais ici confiance pour être à la hauteur du défi qui s’offre à nous et pour voter favorablement ce rapport. De l’innovation, vous n’en aurez ici ni à la sauce French Tech, ni à la sauce Smart-city. L’innovation n’est pas technologique, n’est pas numérique, elle est dans la capacité de nos équipes à se réinventer en permanence, à faire vivre le principe d’adaptabilité du service public.

Ainsi, l’administration va développer sous ce mandat un plan de formation à la transition écologique sur ses différents métiers. Elle va repenser l’articulation de ses directions centrales et de ses arrondissements, en misant sur la subsidiarité. Elle va donner la parole aux usagers et aux agents sur la qualité de service public. Elle va se mobiliser sur des laboratoires d’innovation publique, avec des expérimentations, des équipements pilotes. Elle va questionner les usages numériques, en misant sur la sobriété et l’inclusion. Ces pistes, non-exhaustives, seront rassemblées dans un projet d’administration, pour donner du sens, pour voir plus loin. C’est cela notre ville intelligente, c’est aussi cela aussi notre Pacte social.

Chers collègues, je terminerai mon intervention en saluant l’implication sans précédent des agents du service public ces 15 derniers mois. A l’heure d’un déconfinement progressif, où l’on commence à entrevoir une sortie de crise (avec beaucoup de prudence), nous mesurons collectivement l’engagement des 8300 agents permanents de la Ville de Lyon, dans les résidences seniors, dans les écoles, dans les crèches, dans les mairies, dans nos rues, sur les marchés… Qu’ils en soient remerciés, au nom de notre exécutif, au nom du conseil municipal. Ce pacte social leur est tout simplement dédié.