Logement

Laurent BOSETTI, Adjoint au maire délégué à la Promotion des services publics, donne sa vision de la nouvelle politique du logement menée par la Ville et la Métropole.
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Merci, Monsieur le Maire, Chers collègues,

Je voudrais profiter de ces délibérations assez classiques de la collectivité, autour des garanties d’emprunt aux bailleurs, pour revenir un instant sur la question du logement au nom du groupe Lyon en Commun.
D’aucuns dans cette assemblée évoquent parfois assez longuement et un peu trop longuement peut-être le fameux modèle lyonnais, l’attractivité et le rayonnement de Lyon sur la scène internationale. Cette petite musique du « que de chemin accompli » ou du « c’était mieux avant », parfois un peu professorale, invite la nouvelle majorité écologiste à ne surtout rien toucher.
Mais peut-on s’arrêter un instant sur les résultats du fameux modèle lyonnais en matière de logement face à cette attractivité à marche forcée ?

En seulement 10 ans, les prix de l’immobilier à Lyon ont littéralement explosé. Les quartiers se négocient comme au Monopoly, comme dans un « Monopolyon ». Près de 50 % d’augmentation, par exemple, à Gerland ou à Lacassagne, 65 % d’augmentation à Guillotière, 70 % à la Part-Dieu, 80 % d’augmentation dans les quartiers historiques du Vieux-Lyon ou des Terreaux.

En 20 ans, les loyers ont augmenté à Lyon de 60 % et j’espère que Madame BACHA-HIMEUR sera sensible à ce chiffre. 10 % du parc de logements de la Presqu’île est désormais constitué de Airbnb, quand les habitants éprouvent les pires difficultés à se loger à un prix abordable.

En fait, à force d’attractivité, notre agglomération est devenue ces dernières années une forme de centrifugeuse. Elle absorbe les richesses, les forces vives économiques, les catégories socioprofessionnelles supérieures, mais elle expulse mécaniquement ceux qui ne peuvent s’aligner sur son niveau de vie. Les familles les plus modestes, mais aussi les classes moyennes, sont contraintes de se loger ailleurs et la ville s’homogénéise dans un entre-soi inquiétant avec une ségrégation économique et spatiale de plus en plus marquée, qui peut mettre à mal le vivre ensemble.

Alors, ce modèle lyonnais n’est pas vraiment lyonnais. C’est un modèle de métropole libérale, au fond très classique, et c’est un modèle du siècle dernier. Ce n’est pas le modèle que nous recherchons.
En quatre mois, et quatre mois seulement, la nouvelle majorité métropolitaine et municipale a posé les bases d’une agglomération plus inclusive avec de premiers actes concrets pour réguler ces excès.

Le dossier visant l’encadrement des loyers à Lyon et à Villeurbanne a été déposé auprès du ministère. L’Office foncier solidaire, qui visait timidement 150 logements abordables par an, voit ses objectifs revus à la hausse, à la hauteur de 1 000 logements par an d’ici la fin du mandat.

Notre Ville devrait consacrer l’année prochaine plus de 30 millions d’euros au logement social pour favoriser les opérations des bailleurs. Nous visons progressivement un objectif de 2 000 logements sociaux par an sur Lyon, contre 1 600 sur le précédent mandat.

Nous procédons actuellement à un inventaire du patrimoine de la Ville pour voir comment, par exemple, nous pourrions réutiliser les logements d’instituteurs au sein de nos écoles.

Enfin, nous n’oublions pas le logement d’urgence. La Métropole en lien avec la Ville de Lyon et la Préfecture a procédé le 29 octobre dernier au relogement de 200 jeunes du collège Maurice Scève, mettant fin à un bras de fer insupportable de deux ans entre les pouvoirs publics et les collectifs de défense des migrants. C’était là faire preuve d’humanité, bien sûr, mais aussi de responsabilité et il était temps.

Monsieur le Maire, chers collègues, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que les élus de Lyon en Commun dessineront à vos côtés les contours de ce modèle lyonnais plus humaniste, qui remettent au cœur des priorités les besoins premiers des habitants et notamment des plus fragiles.